11 septembre 2006
2006 marque un tournant pour le marché de l'affichage dynamique
En France, l'année 2005 n'a pas été bonne pour beaucoup de sociétés vendant des solutions d'affichage dynamique aux points de vente et aux entreprises. Le niveau de ventes a été plus bas que prévu et la correction ne s'est pas fait attendre en 2006. J'en veux pour preuve les événements de cet été, dont les principaux sont :
- la création en France en juillet d'une entité commerciale de Scala Broascast Multimédia.
- le dépôt de bilan en juillet de Jidéa, placée en redressement judiciaire.
Ces deux événements vont provoquer indubitablement une redistribution des cartes. Je m'explique.
Scala est un éditeur de logiciels américain. La commercialisation est indirecte, elle se fait via des distributeurs locaux, lesquels recrutent à leur tour des intégrateurs appelés VAR (Value Added Reseller). Jusqu'à récemment, la France qui est un marché stratégique était ainsi couverte par un distributeur et des VAR. L'animation commerciale se faisait de loin, via une entité néerlandaise, ce qui n'était pas très efficient en termes de dynamique et de promotion, de parts de marché, de contrôle de la distribution. Supprimé donc le distributeur français au profit d'une entité commerciale directe ! Du même coup, Scala fait aussi l'économie d'un intermédiaire qui réduisait sa marge.
Pour sa part, Jidéa a totalisé en 2004 plus de 11 M€ de ventes en équipant les points de ventes (pharmacies, opticiens, agences immobilières). Avec une croissance à trois chiffres, ce résultat a propulsé Jidéa parmi les leaders (Novax, Carlipa...), grâce à la rupture apportée par les outils d'affichage dynamique dans le cadre de la rénovation des commerces. Mais la croissance a été mal maîtrisée et Jidéa a vu son chiffre d'affaires plonger de 30% en 2005, à 8.9 M€. Le niveau de charges étant resté très élevé du fait des coûts annuels de recrutements de nouveaux clients et des coûts techniques (installation et location du matériel), Jidéa a dû déposer le bilan. Le plus probable est la cession de la société, puisque à ce niveau de ventes il est évident que l'affaire intéresse compétiteurs pour acquérir du CA et entrants sur le marché. Une vingtaine de sociétés s'intéressent au dossier.
Conséquence : le mouvement entraîné par Scala et Jidéa va donc provoquer une concentration sur le marché français au bénéfice des sociétés les plus solides techniquement et financièrement. Il va donc être difficile pour les sociétés réalisant moins de 1 M€ de ventes de signer des affaires : elles sont donc condamnées à terme. Les leaders vont aller chercher les réserves de business sur des marchés de croissance (Europe du Sud, Maghreb). Les autres sociétés, facturant de 1 à 5 M€, vont devoir se recentrer sur leur métier de prestataire technique, sauf à viser des niches de marché.
Publié dans Marché en France | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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Commentaires
Bonjour Joseph, et merci pour ce blog fort intéressant.
Il est vrai que le marché de l'affichage dynamique en France est stratégique pour SCALA corp. SCALA étant le seul éditeur sur ce marché avec une couverture mondiale (63 pays distribuent la suite InfoChannel 3) Le marché se structurant et se développant SCALA à en effet décidé de reprendre la maitrise de sa distribution en France, au Japon, en Chine, au UK et dans bon nombre de pays à court terme pour être au plus près des projets et de ses clients. SCALA Broadcast Multimedia France à donc vu le jour peu avant l'été 2006. L'objectif principal pour SCALA n'étant pas d'augmenter ses marges en supprimant son principal distributeur, mais bel et bien d'afficher une présence locale permettant un meilleur suivi technique, marketing et commercial de ses produits. Les partenaires VAR de SCALA en France ne pouvant que se féliciter de cette démarche qui leur assure une meilleure lisibilité du positionnement de SACAL, et un accompagnement commercial des plus "juste" et efficace ;0).
Bien à vous,
Philippe LEMAIRE
Scala BMF.
Ecrit par : Lemaire Philippe | 23 septembre 2006
Merci pour ces précisions sur le positionnement de Scala France et bon business !
Ecrit par : Joseph Pérez Pla | 24 septembre 2006
La defaillance des VARs et autres en affichage dynamique n'est pas seulement une resultante d'un marche en baisse mais aussi d'un mauvais positionnement marketing des acteurs de ce marche qui sont entres sur le marche francais avec une idee en tete: avoir le plus d'ecrans installes... grossiere erreur puisque le nombre d'ecrans n'impacte que tres peu dans la vente d'espace, les advertisers etant plus axes sur le target audience et la segmentation du reseau de diffusion. D'autres proprietaires de reseaux ont egalement beaucoup de mal a vendre de l'espace sur leurs ecrans et essaient de tenir en attendant le boom de ce marche. Les seuls qui se frottent les mains aujourd'hui sont les editeurs software et les vendeurs hardware. Je reconnais a Scala, leur professionalisme et l'accompagnement de leurs revendeurs mais, le principal soucis du revendeur/integrateur reste la fabrication de programmes autour des spots pub qui est un investissement enorme car il doit etre de qualite pour attirer les annonceurs.
Ecrit par : CH | 04 octobre 2006
Bonjour,
Effectivement la notion de contenu est très importante en matière de Communication Audiovisuelle Dynamique. Pour beaucoup de revendeurs/intégrateurs (ce n'est pas notre cas), le nombre d'écrans vendus est ce qui est le plus important.
CBi, partenaire et VAR de Scala notamment, n'est pas sur cette voie. Nous disposons aujourd'hui d'une Agence Multimédia intégrée (www.cbi-multimedia.com) et une de nos vocations est de pouvoir créer le contenu. Nous préférons aujourd'hui intégrer une solution avec peu de players et d'écrans mais que l'impact soit fort. La perception de l'affichage dynamique est encore aujourd'hui à travailler; nous souhaitons donner une nouvelle dimension à la Communication Audiovisuelle Dynamique et notamment une image de qualité du contenu.
Ecrit par : Christophe NABEYRAT | 06 novembre 2006
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